Pourquoi améliorer la consommation d'énergie de nos bâtiments ?

Mis à jour : mai 5

Le contexte

Nous vivons dans une époque pleine de bouleversements. Dans un système régi par la croissance économique, l’augmentation de la production et l’évolution de nos moyens et de nos besoins, nous arrivons petit à petit à l’approche d’un point de non-retour. Il nous faut maintenant réfléchir au maintien de nos acquis pour protéger notre belle planète bleue.

L’année 2020 est une année particulièrement difficile avec la crise du COVID-19. Cette dernière pourrait presque faire éclipser les différentes crises environnementales que le monde a traversé cette même année entre les feux d’Amazonie et d’Australie, les inondations du Gard et de Nice, la chute alarmante de la population animalière ou encore la saison cyclonique en Atlantique qui connaît des records de fréquence et de force de destruction.

Notre ennemi est le CO2. Plus exactement, le trop de CO2 dans l’atmosphère que nous avons produit avec la révolution industrielle et l’avènement de l’utilisation des énergies fossiles depuis le début du 19ème siècle. C’est ce surplus de CO2 qui engendre le dérèglement climatique, provoquant le réchauffement de la planète. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la température de la planète se limitera à 2°C d’augmentation d’ici 2050 si nous arrivons à diminuer de 5% nos émissions de CO2 par an.

Mais il n’est pas trop tard ! Nous pouvons encore nous prémunir des conséquences de ce bouleversement climatique et limiter les effets de cette augmentation. Il est de notre devoir d’habitant terrestre de nous y intéresser.

Pourquoi ?

Mais alors, quel est le lien avec l’optimisation énergétique ?


En France, en 2018, la consommation d’énergie primaire s’élevait à 249 Mtep. Cette consommation est détaillée par la répartition des sources de production du bouquet énergétique français présenté ci-contre. Il prend en compte les dépenses d’énergie liées à la transformation et le transport de ces dernières.


* Mtep = MegaTonnes équivalent Pétrole

*image extraites des Chiffres clés de l’énergie Édition 2019, ADEME


Cette répartition doit être mise en analyse avec la consommation finale énergétique par secteur d’activité que sont l’industrie, l’agriculture, le résidentiel-tertiaire, et les transports.

Dans un premier temps, nous pouvons voir la différence significative entre la consommation primaire et la consommation finale : 249Mtep -> 144Mtep. En effet, 100Mtep sur 249Mtep, soit 40% de l’énergie que nous produisons, est perdue. Ces pertes apparaissent dans la production et le transport de l’énergie. C’est colossal !

*image extraite des Chiffres clés

de l’énergie Édition 2019, ADEME

Dans un second temps, l’on s’aperçoit sur la courbe que le plus gros consommateur d’énergie est le secteur résidentiel-tertiaire, qui correspond à nos maisons et locaux travail.

Il est également intéressant de remarquer que depuis les années 1990, la consommation en énergie de ce même secteur évolue très peu, malgré le nombre de logement et bureaux qui ont éclos. Selon les chiffres de l’INSEE, la France, qui comptait 25 453 000 de logements en 1986, a évolué jusqu’à 35 425 000 logements, soit une évolution de 1% par an pour le parc immobilier. Ces chiffres nous prouvent que les efforts entrepris en matière de nouvelles constructions sont cohérents et efficaces. La lacune énergétique se trouve donc dans l’ancien parc immobilier qu’il faut rénover énergétiquement. L’optimisation énergétique des bâtiments semble être l’une des solutions majeures en réponse au changement climatique. En effet, il s’agit du plus gros poste de consommation d’énergie en France. Que ce soit pour augmenter son confort de vie, être en accord avec son habitation, et/ou améliorer son impact sur planète, l’optimisation énergétique répond à ces problématiques.

Comment ?

L’optimisation énergétique des bâtiments se base sur la mise en place nécessaire de solutions visant à améliorer les échanges en énergies entre les habitants, l’habitation et l’environnement. Pour ce faire, il faut bonifier les échanges d’énergie, optimiser les consommations, limiter voire éliminer les pertes thermiques, associer des sources de production durables, tout en maîtrisant le cycle de vie, afin de rendre autonome l’habitation. Les meilleurs dans leurs domaines peuvent limiter leur impact sur l’environnement en utilisant des solutions biomimétiques et de permacultures, ou encore prendre en compte des besoins annexes comme le rechargement de voiture électrique.


L’Optimisation énergétique des bâtiments est régie par la Réglementation Thermique 2012 qui évoluera prochainement pour laisser place à la Réglementation énergétique 2020. (cf. notre article portant sur la prochaine réglementation). Elle demandera aux nouveaux permis de construire déposés dès 2021 un rendement énergétique supérieur à 1, c’est-à-dire produire plus qu’on consomme.

En parallèle, aujourd’hui, lors d’une transaction immobilière, les vendeurs ou les bailleurs doivent remettre un Diagnostic de Performance Énergétique (D.P.E), présentant la consommation en énergie du bâtiment.

Beaucoup de personnes associent les travaux énergétiques à des tâches fastidieuses, coûteuses et contraignantes, alors qu’il y a tant à gagner à sauter le pas.

Tout d’abord, le confort de vie peut bénéficier d’une amélioration ! Les courants d’air froid, les sensations de frisson, le manque de soleil, une qualité de l’air renouvelé et amélioré sont autant d’axes à travailler, d’autant plus dans cette période de crise sanitaire, où nous sommes de plus en plus amenés à travailler depuis notre domicile.

De plus, il s‘avère que produire et consommer son énergie au plus proche de chez soi, permet de diminuer les pertes dues au transport de cette dernière comme nous l’avons vu. Les énergies renouvelables étant gratuites et disponibles pour chacun d’entre nous, l’affranchissement ou la diminution énergétique par le biais de la production d’énergies renouvelables peuvent permettre de devenir autonome, garant de son impact sur l’environnement et de la justesse de sa consommation. Chacun peut devenir producteur d’énergie plutôt qu’utiliser 85 % des ressources non renouvelables par le biais des centrales charbon, pétroles, nucléaires dont 40% produisent des gaz à effets de serre.

Devenir autonome et indépendant pour subvenir à ses besoins énergétiques apparaît alors comme un axe évident face à l’urgence climatique.

Conclusion

Ces énergies, nous les interprétons à travers nos factures. Que ce soit dans la facture d’électricité, ou de gaz, elles peuvent drastiquement diminuer voire devenir nulles avec l’utilisation des méthodes appropriées. Certes, l’investissement de moyens de productions peut sembler important. Néanmoins, de nombreuses solutions sont désormais accessibles grâce aux incitations financières mises à disposition par l’État et certains acteurs. Ces incitations peuvent prendre la forme de primes pour la prise en charges de prestations, de prix attractifs, d’avantages fiscaux.

Faites un tour sur le site https://www.economie.gouv.fr/particuliers/aides-renovation-energetique pour voir ce à quoi vous êtes éligible.

Sans compter sur les aides mises à notre services, sachez que l’investissement vaut la chandelle. Les économies réalisées sur les factures peuvent être conséquentes et largement rentables à long terme pour le portefeuille et la planète. De même, la plus-value induite par la mise en place de solutions d’optimisation/production peut être un argument supplémentaire.

Si toutefois, vous êtes limités par la sphère financière et les investissements, réaliser certains actes écologiques est déjà un combat gagné et peut permettre de faire des économies: fabriquer ses produits d’entretien, privilégier le vélo, les courses en vrac, mettre des rideaux ou des boudins de porte, utiliser des ampoules LED, cultiver son potager, sont tant de « petites » solutions accessibles !La motivation et les actes, même à petite échelle, sont le cœur de notre combat et notre Terre vous en remercie ! 💪

84 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout